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CONTE LA DESSUS, TU VERRAS...

(Montmartre)

 

Dans cette nouvelle rubrique, vous pourrez consulter et nous faire parvenir, des nouvelles des contes, et tout autre écrit, imaginatif, insolite, drôle ou plus dérangeant...

 


 

 

RUMEURS DANS LA JUNGLE


par Hervé Gosse


 


 

Il paraît que M. BARZAN est de retour à Paris. Il aurait acheté un carré de terre dans la jungle. Je lui offrirais bien un peu de désherbant. On dit qu’il a toujours son maillot de bain car c’est un bon nageur. Il aurait décroché des médailles olympiques et nagé plus tard dans des films de série B.

 

J’ai entendu dire que, là bas, il ne vivrait pas comme ici : à côté de chez lui, un tigre, paraît-il, ferait ronfler son moteur, un crocodile ne fermerait jamais sa gueule, une chauve souris n’aurait plus de cheveux.

 

Le pire, dit-on, ce serait son voisin, M. GONG. Il ferait toujours du bruit. Il serait roi chez lui. Il viendrait sonner à la porte de M. BARZAN toutes les trois minutes. Cela se répèterait quinze fois de suite. Cela donnerait envie à M. BARZAN de le boxer et de le mettre KO avant la fin. La femme de M. GONG se plaindrait. Il se comporterait, paraît-il, comme un animal.

 

Depuis, la rumeur court qu’il a été arrêté pour violence conjugale puis mis en cage et transporté aux Etats Unis.

Il paraît que M. BARZAN, quand il entendait son voisin cogner à sa porte avec ses gants, attrapait une liane et se sauvait avec ELIANE, sa compagne. Il poussait un cri de soulagement, paraît-il.

 

Là-bas, il ne pouvait compter sur personne, surtout pas sur le comte, le comte BAROFF, je crois, celui qui, paraît-il, possédait un château dans la jungle. Je me suis laissé dire qu’il invitait des équipes de tournage de tous pays, venus pour réaliser des films soi disant d’aventures. Là, semble-t-il, il attirait tous ces gens chez lui, en leur offrant de bons gueuletons. Aussi, gueulait-t-on partout sur les toits, que les invités, aux abois, étaient chassés dans les bois.

 

La rumeur circule : le comte BAROFF serait depuis longtemps un assassin. C’est ce que diraient tous ceux qui auraient évité ses flèches, tel Guillaume et son fils, qui, dit-on, viendraient de Suisse.

 

 

Hervé GOSSE DR

sur la scène ouverte "La Rumeur" 2016


 

 

Les rêves avaient leurs bateaux

à voile

par Agnès Raveloson

 

 

 

J’en ai vu moi, sur la planète renaître les beaux jours

Je me suis assoupie aux pays des rêves d’hiver,

J’empruntais un taxi brousse, bonne Etoile bonjour,

Cet instant était agréable.sur ce chemin de terre

 

C’était un dimanche, j’ignorais l’heure du départ,

Des heures avalées, des kilomètres parcourus,

Dans cette aventure rare, c’était un monde à part,

Les côtes sablonneuses des pécheurs, pieds nus.

 

Un mètre et demi d’espadon une belle prise

Le fumage à même le sol était vite prêt.

Les chefs indigènes s’invitaient par surprise,

Ils préféraient consommer les poissons frais.

 

L’appel de l’autre rive, magnifique plage.

Un parc d’herbes vertes, un rêve de tortue.

L’oiseau de paradis s’éloignait du rivage.

Ce hideux reptile était un gros caïman repu.

Le désert de sable gagnait sur la végétation,

La lenteur du fleuve, hymne à la douceur.

Les femmes en lamba oany, paréo de tradition

S’adonnaient au rite du café, en pleine chaleur.

 

A l’ombre des baobabs, le point de ralliement,

Tenues multicolores, la foule endimanchée.

Les joyeux lémuriens voltigeaient fièrement,

Les moineaux piaillaient autour de leur couvée.

 

Au loin, 14h52 un dimanche, le cocorico retentit,

Derrière l’arbre du voyageur encore je me tapis,

Le grand oiseau de zinc, à12h52, me posait à Roissy

                       Un dimanche, je cherchais encore midi à 14h, éblouie.

 

 

 

 

Je le croisais chaque jour

Ce fabuleux astronaute

Qui racontait notre planète,

 

Il était dans l’espace,

Non par hasard, ni par chance,

Fasciné par la terre

 

Il saisissait l’instant,

Photos à couper le souffle,

Merveilles de l’Univers

 

Les îles grecques,

Vol au dessus de l’Europe,

Athènes brillait

 

La Grande Ile Rouge,

En forme du pied gauche,

L’Océan Indien

 

Nuit spectaculaire,

Aux aurores boréales,

Paris-lumière

 

Sur l’Angleterre,

Brume sur Londres,

Dame lune s’animait

 

Autour de la terre,

Coucher, lever du soleil

Seize fois par jour

 

 

Coucher fantastique,

Sur l’Océan Atlantique,

Au dessus du centre

 

Parfait reflet,

Sur la Méditerranée

L’astre lumineux

 

L’Egypte, le désert,

Le Nil serpentait le long

Des Pyramides

 

Douceur matinale,

Sur la Cordillère des Andes,

Le rêve, la magie

 

Sur sa côte est,

La grande barrière de corail

L’immense Australie

 

Une rare beauté,

L’Italie dans une nuit d’été

Malte, Sicile, Capri

 

 

 

 

La mer de glace

Mont Blanc, Aiguille du Midi

Refuge de Goûter

 

Une blessure,

Sur l’écorce terrestre,

Le volcan Etna

La Patagonie,

Perle de l’Amérique du Sud,

Monts et Océans en harmonie

 

Nuit claire étoilée,

Sur le vieux monde historique,

Le Caire, Tel-Aviv, Jérusalem

 

Crème de beauté,

Les nuages polaires,

Notre bout du monde !

 

 

                   C’est ainsi que nous allions au célèbre festival

Ciel et terre se mariaient, partir était du voyage

Le plus loin, le plus haut sur un parcours sidéral

Les rêves avaient leurs bateaux à voile dans les nuages

 

La vie était un trésor, on ne le savait pas encore

Il fallait être capable de larguer les amarres,

De s’en aller devant, toute voile dehors

Pour découvrir soudain l’inconnu, sans crier gare

 

Partir c’était quitter le royaume de son enfance

Pour rentrer dans le dehors sans se retourner

Quitter l’esplanade de l’idéal avec confiance

Là où tout était facile, loin de la réalité

 

Vivre c’était le changement, partir en voyage

En nomade, interroger chaque pierre,

Chaque grain de sable, demander à chaque visage

De me dire qui je suis, es-tu l’Autre, ma lumière ?

L’ennui était à la mode, la musique abandonnée

Là où les blés mourraient pour donner leur fruit,

Long voyage au fond de soi-même, savoir aimer,

Pourquoi dites-vous que les musiciens se sont-ils tus ?

 

Les fatigués de vieillir et de vivre, aussi

Venez les gens las, les mots prenaient visage

Les mots en vacances étaient retournés en poésie

Ils avaient pris leur liberté, vive le voyage

 

Heureux sont ceux qui ont voyagé et beaucoup ri

Partir c’est naître de fil en aiguille, vite partez

Plein de promesses, demain vous sourit,

Le vrai voyage, c’était partir, c’était d’y aller !

 

 

 

Agnès RAVELOSON DR

 "Le Voyage imaginairer" 2016

 

CONTE SANS TITRE

( et sans commentaire )

par Hervé Gosse

 

 

 

Il y a longtemps que je t’aime

Il y a longtemps que tu m’aimes

Il y a longtemps que je te le dis

Il y a longtemps que tu ne m’écoutes pas

Il y a longtemps que je fais la vaisselle

Il y a longtemps que tu ne la fais pas

Il y a longtemps que je fais le ménage

Il y a longtemps que tu ne me ménages pas

Il y a longtemps que tu veux partir

Il y a longtemps que je veux rester

Il y a longtemps que çà dure

Il y a longtemps que tu fais de la couture

Il y a longtemps qu’on aurait dû se raccommoder

Il y a longtemps que je file tout doux

Il y a longtemps que notre ménage tient à un fil

Il y longtemps que tu te défiles

Il y a longtemps que je file du mauvais coton

Il y a longtemps que notre union tient sur le fil du

rasoir

Il y a longtemps que tu te rases avec moi

Il y a longtemps que tu me passes des savons

Il y a longtemps que je passe l’éponge

Il y a longtemps que tu t’en laves les mains

Il y a longtemps que je ne lève pas le petit doigt

Il y a longtemps que tu tires sur la ficelle

Il y a longtemps que je pense à me pendre

Il y a longtemps que nous avons la corde au cou

Il y a longtemps que c’est le nœud du problème

Il y a longtemps que nous aurions dû trancher

Il y a longtemps que nous nous faisons la guerre

Il y a longtemps que nous nous fusillons du regard

Il y a longtemps que nous sommes dos au mur

Il y a longtemps que nous avons fait le mur

Il y a longtemps que nous devrions fêter çà

Il y a longtemps que nous devrions ouvrir une bouteille

Il y a longtemps que nous avons pris de la bouteille

Il y a longtemps que nous nous bouchons les oreilles

Il y a longtemps que nous finissons par nous entendre

Il y a longtemps que je prête l’oreille à tes désirs

Il y a longtemps que je porte un appareil auditif

Il y a longtemps que j’admire ton œil de verre

Il y a longtemps que tu prends un air de m’as-tu-vue 

Il y a longtemps que je ne vois que toi

Il y a longtemps que tu ne vois pas que moi

Il y a longtemps que je t’aime

Il y a longtemps que tu ne l’as pas oublié

 

Hervé GOSSE DR

sur la scène ouverte 2017

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