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 Souvenirs de la Carte Blanche

de la Ruche des Arts

à Pedro Vianna

en Hommage à Eric Meyleuc

avec la participation de  Serge Carbonnel

 

 

 

le 17 octobre 2018

de 20h à 21h*

 

 

 

au Café-Club 

BAB-ILO

9 rue du baigneur

  Paris 18ème

* en suite de la Scène ouverte poétique de la Ruche des Arts au Bab-Ilo de 19hà 20h

 

 

Mnémosyne de la Carte Blanche de Pedro Vianna et Serge Carbonnel pour Eric Meyleuc,

 

par Fabienne Schmitt

 

 

 

 

Ce soir-là, c’est une carte blanche particulière à laquelle nous avons assisté sur la scène de notre Bab’Ilo. Programmée depuis longtemps, Pedro Vianna a d’abord pensé à l’annuler. En effet, son partenaire de scène et ami, Eric Meyleuc, a rejoint entre temps le paradis des poètes. Mais Pedro a voulu rendre hommage à Eric, et offrir par la même occasion à la Ruche cette création littéraire en duo. Oui, mais avec qui ? Hors de question de prendre un comédien ou un diseur inconnu. Après réflexion, il lui est apparu comme une évidence de confier la mission à Serge Carbonnel, dont il apprécie, entre autres, les lectures.

 

C’est ainsi que cette « Conversation en Poésie », à l’origine une pièce, a été condensée et adaptée en un long poème, une discussion poétique théâtrale en quelque sorte, mettant en jeu la liberté du poète.

 

La salle était pleine d’amis d’Eric et Pedro, et de nous les abeilles, sur fond d’un grand calme, à l’écoute attentive, comme recueillie.

 

 

 

 

 

 

Il est difficile de faire un « compte-rendu » d’une création quelle qu’elle soit. Chacun a son propre ressenti, et il est ardu de trouver les bons mots pour traduire l’émotion d’un texte, comme de toute autre œuvre artistique. Cependant, nous avons été unanimement impressionnés par la densité verbale de l’écriture ciselée, l’analyse taillée au couteau de la condition du poète et la prestation sur scène.

 

Dès les premiers mots, nous sommes immédiatement immergés dans cette souffrance du poète, dans le « merdier innommable dans lequel nous vivons, putréfaction humaine », désespoir, quête insensée, peur de vivre … « Je dis vers, je diversifie…Peut-on mêler l’abstrait au concret ? »

 

 

 

 

                

 

 

 

Comment « lutter contre la destruction massive », comment survivre au « carnage de la tête » qui étouffe la poésie de notre vie ? Ainsi se déroule un long dialogue entre nos deux compagnons de scène, se divisant ou se rejoignant, luttant ou s’apaisant, seuls en leur réflexion ou partenaires de pensée, se renvoyant le texte à tour de rôle.

 

« A quoi ça sert d’écrire des poèmes ? Nous qui nous émouvons tous en un seul, changeant comme un caméléon sous l’arc-en-ciel » ? « Nous, bêtes emprisonnées dans une cage, convaincus de notre vie, humbles serviteurs du temps… Nous ! Nous ! Nous ! Mais les autres ? L’essentiel devient provisoire »… Il faut « retrouver un éclair, voilà ce qu’est un poème » !

 

Parfois les voix de nos deux acteurs montent en puissance et en colère, parfois retombent et questionnent. Les voix de Pedro et de Serge se complètent parfaitement, et nous percutent, nous transpercent, nous secouent parfois en violence, parfois en douceur. L’émotion est intense, la lutte des mots nous atteint profondément.

 

 

 

 

 

 

 

« Comment traduire en poésie le silence le plus naturel ? Comment parler de la lune, des champs, comment décrire la passion » ? Où se trouve la liberté du poète, la terre n’est pas ronde, non… Il faut « inventer le nouveau langage, dire bonjour au soleil », lui demander un rayon, comme un présent, sinon, le « silence s’installe, » définitif.

 

Ainsi entendons-nous ensuite une ode à l’amour, à ce rêve qu’a tout poète de la présence de l’autre, parce que sinon, c’est comme « Paris sans la Seine, ou la Seine sans Paris, coulant pour rien ». Ainsi donc est cet amour du poète, cette « liberté qui rend fou les autres » : « Je voudrais que mes vers te prolongent, mes doigts, mes mains pour te caresser »… « Alter écho, ivresse de la révélation de l’un dans l’autre ».

 

Viennent ensuite les messages d’espoir. « Un jour, la poésie sera naturellement présente dans notre esprit, mais il faut en avoir conscience. A nous de la continuer, sans honte ni a priori, avec une vraie détente. Ainsi ce sera la vraie vie, chacun dira son poème vital, sans chaines ».

 

 

 

 

 

 

 

Le poète doit sans relâche combattre le silence, « ce terrible silence rougeoyant », la poésie sans cesse meurtrie, bafouée, ligotée, le « silence immortel de ceux qui doivent se taire ». Il doit accepter les « adeptes de la valeur » qui l’étouffent, les dirigeants et affairistes, qui tuent la poésie ». Mais notre poète n’est pas dans « la poésie qui brille » : « mes vers seront toujours mordus, tristes, violents, contradictoires, comme le siècle. A chaque vers le poète se crée un destin ».

 

Alors le poète « va partir pleurer le poème, la terre, le genre humain ; c’est le cri qui le consume. Il couche sur la feuille blanche quelques vers en mots et en sang, à en mourir. Il veut l’impossible, les caresses de la poésie, si douces à sa chair ». Peu lui importent « nos mercis et notre compassion… Un point, c’est tout ! ».

 

 

 

 

 

 

Nous restons un moment bouche bée tant est intense l’émotion, touchés au plus profond de nous-mêmes. De nombreux applaudissements viendront après. Il nous faut d’abord quelques secondes, pour laisser nos sens reprendre souffle après l’intensité d’un tel texte. Quel travail des mots ! Et quelle performance sur scène ! Après avoir félicité Pedro et Serge, nous quittons la salle encore bouleversés par cette carte blanche exceptionnelle, que nous ne sommes pas près d’oublier. Et nous, nous leur diront quand même : Merci Eric Meyleuc, merci Pedro Vianna, merci Serge Carbonnel !

 

A bientôt Chères Abeilles, d’autres beaux évènements de la Ruche nous attendent, qui vous sont annoncés sur ce blog… Bzzzzz.

 

 

 

 

Fabienne SCHMITT  Tous D.R.

 

 

 

 

 

 
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Christian Lafont
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